4.3.17

Titicaca

L'Ile du soleil


Copacabana, sur les rives du lac Titicaca, sa cathédrale baroque habitée de vierges en habits et vendeuses d’icônes, son coucher de soleil admiré du sommet de la colline qui surplombe la ville, ses eaux flamboyantes sous les dernières lumières du jour, ses truites grillées tout juste sorties des barques alignées sur la plage…
Peu à peu la ville s’endort dans la fraîcheur nocturne qui enrobe les corps.

Ce matin, il est temps de boucler son sac et prendre son bâton de marche…
Nous quittons la ville par la piste, suivant les rives d’abord plates, puis de plus en plus vallonnées du lac. La vie pastorale s’est installée au creux de petites baies où poussent des roseaux. Au loin, les montagnes enneigées émergent de l’horizon ; ânes, moutons, cochons et lamas circulent un peu partout, accompagnés de paysans boliviens.



L’Ile du Soleil est bientôt atteinte, au fond d’une embarcation, après une traversée marquée par la fraîcheur des embruns. L’heure arrive du premier bivouac sur les rochers surplombant les eaux. Le lac devient salle de bain, les pierres mobilier, la terre battue chambre à coucher. Les réchauds ronflent déjà, coincés entre les cailloux ; le repas tiré du sac est vite apprécié.

La tempête arrive soudain, de sombres nuages s’agglutinent les uns sur les autres, jouant des lumières, grisaillant l’onde, transformant peu à peu le ciel en masse uniformément noire. Un vent violent balaie le fragile campement, il faut tout ramasser, vite, pêle-mêle dans le sac à dos, et trouver un abri…

Quelques trous situés en contrebas, au raz du lac offrent un abri bien inconfortable : certains compagnons choisissent d’y  vivre la tempête de très près, avec son cortège de rafales, de vagues et d’éclairs.
Avec quelques autres, je choisis de rallier les ruines incas que nous avions vues un peu plus en amont ; Elles nous rappellent « Le Temple de l’Ile du Soleil », et l’imagination se libère ! Mais hélas… les esprits incas informent les étrangers qu’ils ne sont pas bienvenus ! Et pour nous chasser, quelques jeunes boliviens venus d’on ne sait où allument des feux d’herbes sèches qui enfument les lieux et nos corps… nous devons comprendre que ces incantations se répèteront aussi longtemps que notre présence dérangera !

Un nouvel abri, de nouvelles rafales empêchant tout repos… le temps passe et le vent faiblit, les corps s’assoupissent enfin, bienheureux. Les étoiles apparaissent, de plus en plus nombreuses, recouvrant peu à peu le lac d’une couverture scintillante.

La grande traversée de l’Ile du Soleil peut commencer : la succession de collines qu’il faut gravir et redescendre, séparées de baies recouvertes de roseaux, les senteurs d’une forêt d’eucalyptus sous laquelle croissent des plantes grasses élancées, l’ascension des crêtes qui permet d’admirer l’horizon : les sommets enneigés de la cordillère lointaine contrastent avec les eaux sombres et bleues du lac, la végétation apporte la vie aux roches stratifiées qui recouvrent les pentes.

Savoir profiter de ces lieux, du beau temps retrouvé, de l’immensité du lac et du ciel ; une nuit nouvelle se prépare, belle et froide, gelant l’herbe et l’eau dans les gourdes… admirer à nouveau les lueurs nocturnes et les étoiles filantes… qu’il est doux le réveil au moment où le corps ressent les premiers rayons de soleil !
Etre si loin, et pourtant le monde est bien là : sa présence physique s’imprime en nos corps.

Une piste passe au milieu des ruines d’une ancienne cité inca. Le jour se lève, éclairant les restes de cette glorieuse civilisation qui avait tant bâti avant de disparaître, avalée par la puissance du «nouveau monde».
La pointe de l’île se découvre face à nous, plongeant vers les eaux en extrémité terrestre et culturelle.

Le chemin se détourne et revient vers le village de Challapampa ; voici les premières maisons, le sentier descend vers la plage sur laquelle errent quelques bovins. Le village se réveille, les fourneaux s’agitent ; des enfants approchent, curieux de rencontres et nouveautés ; assise contre un mur, une jeune fille coiffe lentement sa longue chevelure noire… la rigueur et la beauté de cette l’île de reflètent dans les yeux de cette fille.





Etoiles

L’eau sombre du lac
Et la blanche cordillère
Au soir étoilé.


Lune

Lune, en ton île,
Belle, où reposes-tu
Toi, L’inaccessible ?

 

Soleil 

Sur la voie de l’Inca
Qui descend du Soleil
Je marche et je ris

Sur la voie de Soleil
Qui descend vers l’Inca
Je marche et je vis

Je marche et je ris
Je vis et je marche
Je ris et je vis.


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