18.2.19

Plagiat pour un voyage


Aimer là-bas ensemble
Vivre au pays-douceur
Des enfants et des sœurs,
Au soleil sans mourir.

Aimer l’ordre à loisir,
Le luxe des beautés
La brillance et les charmes,
Les calmes voluptés.

L’esprit traître brouillé
Et mes songes mouillés
Par tes larmes
Ressemblent
Au travers de nos yeux
A des ciels mystérieux.

2.2.19

Week-end paripluisien


C’est un long week-end d’hiver.

Le soleil embrumé est si faible qu’il part vite se coucher.
Une pluie tombe et incline nos corps enrhumés, des gouttes explosent sur l’asphalte brillant et les pavés glissants.
Des ombres s’agitent sur les murs de l’humaine Comédie et passent en vitesse sous le triomphe d’un arc.
L’art des musées décore la Ville, des corps s’abritent aux trésors amusés.
Arrêt.
Flic-floc de l’eau cumulée sur les ardoises enchâssées dans les zincs.
Des perles glissent sur l’oculus vitré des mansardes aériennes.


Regards.
Regards sur Paris à l’heure d’une soirée.
Les parapluies filent et courent vers les bas-niveaux, l’eau file des trottoirs aux caniveaux vers le cours de la Seine.
Un rai de lumière écarte le voile d’un dôme invalide, une grise crinoline déforme la silhouette d’une dame de fer.
Sur la vitre dégoulinent les larmes du ciel ; elles fuitent jusqu'aux verres d’un grand palais et ses œuvres exposées.
Des flots sombres des toitures émerge la blanche Montmartre. Le sang rouge des briques suinte des murs de la grande Commune.
Crépuscule.
Le vent souffle au-dessous des arcades. Une flaque fébrile s’illumine sous des phares tournoyants.
Quelques pas en courant vers l’haleine d’une bouche.
Une parisienne referme son parapluie ; une dernière goutte s’écoule au long de mon cou.
Paris nous avale tout entiers dans la chaleur de son ventre.

17.12.18

Partir

Un râble malsain, c’est un minable lointain.
Quelle sotte !
Quelle ablette coincée !
Je biseaute un camembert mental, je lésine, j’écoute ma calotte jetable…

Partir !
Partir en gibier et poindre l’Ether, avec soin, dans les coins, mon cartable en fanion.
Uppercut !
La suggestion d’un avion, un serment de castor,
Je fermente en camion pendant que serpente le benzine. Un coussin patiente sur une bande câblée…
L’évasion d’une fable dès que coince mon usine ;
Le serment d’un castor pour qu’une sainte éclaircie surgisse d’une région.

Une plaine :
Un cation bovin s’allonge en amande tandis qu’une étable fignole. La vindicte des pions prolonge les foins. Un anion mugit.

La mer :
Un marsouin tortueux invente des certitudes avant que surgisse sa voisine. Elle rote, elle sanglote, il bande et vilipende !
Des banderilles et mandibules ravigotent sa glotte quand l’ermite patiente.

J’y suis :
Au firmament stupide de l’assassin, à la sainte éclaircie, au cingle de la mer, au sable nuptial pensionné.
Ci-gît l’éclair coincé dans mon sein,
Ci-gît le gibier d’une fable huppée quand finit la duperie d’une légion…
Je torsade la pendule et les pointes d’opinions, les ogives en jupe et gymnastes rupestres…
Et mon flair invendable que ceinture un logis !
J’y suis :
Je surgis et je gîte.
J’y suis.

Atelier d'écriture Marc Blanchet


20.10.18

L' automne...


(texte de Cédric Gras)

"... je vagabondais dans des allées ambrées et cramoisies. Les ramures envoûtaient un chemin jonché d'or et les brises semaient chaque fois encore un peu de ces verdures passées, au trépas somptueux. Sans doute s'agissait-il de songes bien policés et romantiques. Car qu'avais-je à présent sous les yeux ? Un drame effrayant où les chaudes teintes sombraient dans un océan de tristesse, un naufrage des couleurs, une tragédie. Des premières éminences on apercevait le sol couvert de plomb que ne couvrait plus la canopée de ses feuillages mordorés. Plantée sur cette terre grisâtre, la nudité affreuse des troncs élancés touchant au ciel en une jungle de fines nervures. Ce n'étaient encore que des trouées dans l'automne qui s'achevait. Mais elles s'étendraient vite à tout ce que le regard pouvait embrasser de monts et de forêts. Elle rongerait tout ce feu pour imposer leur manteau terne et gris.
Car l'automne est comme une braise qui meurt, gagnée par un tapis de cendres. On ne pouvait plus qu'appeler de ses vœux les myriades de flocons, la neige lourde et drue, et hâter vers le tombeau blanc cette pénible sénescence. Ce n'était pas ces chemins d'un domaine flamboyant et, une écharpe au coup, des promenades achevées au pied d'une cheminée de pierres. C'était un monde sauvage où les forêts avaient vendu leur âme au diable des saisons. Les brises nocturnes figeaient les eaux. il restait çà et là des taches de livrée automnale, des cuivres et des éclats. Cependant s’annonçait inéluctablement  la mue des immensités, la métamorphose de l'incommensurable, l'imminence de l'hiver et le glas de toute vie."
Cédric Gras (L'hiver aux trousses)

31.7.18

INCLINAISONS

Ce recueil poétique d'une cinquantaine de pages, regroupe les textes inspirés de mes escapades en montagne depuis quelques années.

En vente à la librairie " La boîte aux livres " à Tours.

Vous pouvez également le commander sur le site ci-dessous :

https://www.thebookedition.com/fr/inclinaisons-p-358757.html?referer=https://www.thebookedition.com/fr/module/authorbanner/list&token=%c5b257ab37f537


2.7.18

Escapadez-vous !

C'est l'été !
Partez où vous voulez
Partez comme vous voudrez
Escapadez-vous
Et faites les fous !



13.6.18

Peyre Arse



Cantal
Vallée de la Santoire
Un gîte accueillant
Fleurs et légumes du jardin
Quelques maisons de basalte
Une chapelle et deux ou trois fermes
Des troupeaux de vaches
Fromages et viandes de Salers
Quelques burons aux pierres massives en attente d’un berger
Le promeneur en profite

Au départ La Courbatière
Un éperon rocheux qu’il faut contourner
Une ligne de crêtes qui s’étirent en longueur
Peyre Arse tout au bout
Un sommet d’Auvergne parmi les plus hauts

Pentes herbeuses d’un vert lumineux
Ciel bleu blanc gris
Un bois touffu de bouleaux
Troncs argentés
Tâches jaunes des genêts sur l’herbe verte des prairies
Des narcisses blancs
Des pensées mauves
Le bleu des myosotis
Le jaune des jonquilles
Les orchidées roses et blanches
Les trèfles et renoncules
Des centaurées des anémones des myrtilles
La montagne est fleurie
L’air est parfumé

Un rapace nous survole
Des chevaux broutent l’herbe
Une barre rocheuse
De grosses pierres enjambées une à une
Enfoncement des pieds entre les buissons
Le chemin disparaît
Un autre nous attend tout en haut sur la crête
Une pente à gravir au milieu des fougères
Torsion des chevilles
Echauffement des orteils
Tension des bras qui repoussent les bâtons
Fléchissements des genoux
Extensions des jambes
Inspirations
Expirations
Le front transpire
Le dos mouille
Un pied glisse une chute s’ensuit
Se relever lentement
Et reprendre la marche
Obstinément

Des nuages s’amoncellent
Ciel noir et gouttes d’eau qui s’écrasent mollement
Puis l’averse qui s’abat
Des grêlons rebondissent
On se couvre en vitesse
On repart sous la nuée
Corps et têtes courbés

Du chemin retrouvé
Quelques rires fusent en éclats
Des paroles se croisent dans le vent
Les névés attendent au bas du sommet
Quelques pas en douceur s’enfoncent en crissant
Ascension d’une pente raidie
De rocs à saisir pour hisser tout son corps
Le sommet est atteint
Le regard se relève des pieds jusqu’aux plaines
Là-bas l’horizon
Des moments d’émotions promesses de souvenirs

L’on descend vers le col
Un pied une jambe souffrent en silence
Une pause pour boire et détendre les muscles
Retrouver la vallée
Désirer un repas
Une douche un sauna
Du bon vin ou une bière

Et le calme de la nuit.

29.4.18

Crimin-Ologie

Cri – mi – in - no – ol - lo – gi


Le crime du mystique en solo cribla
NosVices mignons de loges amies :
Mitres et missels minés par magie!
Mystère des minimes soumis aux orgies!
Missile des prolos sur chrismes lotis
Au giron des cryptes mitées… gifla.

Le script gît et Love le Christ sur mil flots ;
Mil flots col-aux-loques mises et le snob crie ;
Le snob crie, floque et clope les nonnes du clos ;
Les nonnes du clos fol migrent et le script… gît.

Crilo Minogie


CriminOlogie ; définition : 
« dénotation mystérieuse pour allocataires de l’œnologie décriée ».

16.3.18

Puys

Vers les puys inconstants
A l’humeur si changeante
Je reviens aujourd’hui
Pour revivre la joie
Retrouver les envies
De monter vers ces voies
Et toucher la blancheur
De ces monts supérieurs
Allons voir les amis
La neige porte encore
Nos amours et nos sorts

Les crêtes millénaires
Dominent l’infini
De nos plaines misères

Combattons les froidures
Par le feu de nos corps
Grimpons mieux et encore
Vers nos âges futurs