14.11.17

Créativité

( cré - a – at – ti – iv - vi – té )

Mon attirante vitalité attise les ivoires ; en tisserand fatidique, j’attache les tissus pancréatiques aux crédences viciées.
J’atrophie les ivraies, atténue le sacré, attriste les virus. Attention les titis !
Cré-non ! Vivez, vivez !
J’évite les civilités, invite les téguments, vilipende les tomates craintives et les tétragones timides.
Vivez ! les tétons vitrifiés, les béatitudes attristées, les cataplasmes fatigués…
Vivez !

J’ai attisé les virtuoses, crédité les aléas, virevolté aux attirances vivaces.
J’ai vidangé les ivresses, botté les pirates, atomisé les viscères natives.
Hâtons-nous, les tipules vitrifiées, tractez-vous, les vipères fatidiques !
Evitons les crépitements réactifs et les vitesses cramoisies ; bâtissez les visions et attifons les réalités de secrets naturels.

Ma civilité : Vitéa Créti ; typiste attitré.
De la créativité je vous invite à victuailler, en attention typique, sans attirance dubitative :
Evitements ténus ? beautés vivaces ?
Attentions nacrées ? partitions naturelles ?
Sacrées visions !
Devinons : cré - a – at – ti – iv  - vi – té : « Attitude réactive aux secrets invités »
-         Attitude : capacité vibratile, vivacité.
-         Réactive : virtuosité hâtive, imaginative.
-         Secrets : cavités utiles, crépuscules typés.
-         Invités : un ivrogne, un primate, des témoins…

Vive ma chrysalide et sa lucidité !
Mon catalogue est une invitation sacrée aux beautés natives des évitements attisés :
une « attitude réactive aux secrets invités ». 
                                                                                           Vitéa Créti


13.11.17

La piste

La piste est un lien
qui remonte les villages
de sourires en paroles.

9.10.17

Mes vers

Mes vers finiraient doux et frêles
Vers votre jardin si beau
Si mes vers avaient des ailes
Des ailes comme l’oiseau.

Ils voleraient  en étincelles
Vers votre foyer qui rit
Si mes vers avaient des ailes
Des ailes comme l’esprit.

Près de vous purs et fidèles
Ils accourraient nuit et jour
Si mes vers avaient des ailes

Des ailes comme l’amour.

                               Olga Remodeau  (1918)

18.8.17

Auprès de la vague...


Je l'observe, étonnée, cette eau inconnue ramassée dans la paume de ma main. Elle ne ressemble à aucune de celles que j'avais pu contempler jusqu'ici. 
Car chez moi, d'où je viens, on lutte pour l'avoir : la dompter tout d'abord lorsqu'elle se rue sur les villages familiaux du haut des massifs enneigés; la diriger ensuite sur les terres assoiffées où les hommes triment chaque jour pour creuser les sillons et canaux, les terrasses agricoles qui nourrissent nos familles; la porter des deux bras pour aller abreuver le bétail et les hommes. Et lorsqu'elle arrive aux abords des grandes villes, salie, rejetée, récupérée, raréfiée, l'éclat des neiges qui l'ont fait naître s'est à ce point terni qu'il ne reste plus au fond des ruaux et citernes qu'un mélange de liquides vaseux que je n'ose même plus avaler.

Mais ici la vague va et vient, caresse mes pieds, l'eau rafraîchit mes mains puis mon visage; et ce goût dans ma bouche, surprenant, persistant, ce sel déposé sur ma langue qui diffère des épices végétales auxquelles je suis habituée, ces éclats de lumière projetés vers le ciel dans les gerbes soulevées par mes pieds... tout cela me procure de nouvelles sensations, de nouveaux paysages à découvrir encore; ceux d'aujourd'hui sur cette plage bretonne, ceux de demain au-delà de cette ligne d'horizon que je n'avais jusqu'à présent jamais pu entrevoir.

J'enverrai à mes proches restés à l'autre bout du monde au pied des montagnes les images nouvelles de cette riche étendue.
Bien sûr, ils ne sauront rien des sensations qui me submergent, des ondulations de mon âme qui suivent celles des vagues, des envies de mouvements qui me prennent désormais...
Rester ou partir? Voyager plus loin encore? Aller et venir comme le font les marées? Que veux-tu, où vas-tu?

J'ai vingt ans et je suis loin, si loin… mais chez moi c'est là-bas, c'est ici, c'est partout;

…et cette eau qui scintille au creux de ma main!

Le Croisic, octobre 2015



29.7.17

Estrela

Tu ne brilles plus que par ce nom
Estrela !
Rappelons ta beauté
Dans les ères passées
Quand la roche enneigée
Habillait de ses plis
Tes formes aujourd’hui
Un peu trop rabougries
Sous tes monts racornis.

Le roi Jean en fierté de ton nom
Estrela !
Mesura ta grandeur
Qu’il jugea sans valeur
Pour régner en hauteur
Sur les hommes, pardi !
Ta couronne il t’offrit :
Quelques pierres serties
Et deux mille gravis !

Mais tu luis tout au creux des vallons,
Estrela !
Le village éclairé,
Les ruisseaux étoilés
Et la vigne dorée
Sont les seules richesses
Qu'aujourd'hui tu nous laisses.
Malgré l’âge qui blesse,
Tu combats sans faiblesse,

Estrela !


Portugal, été 2014

5.6.17

Le Saribung (Népal)

La traversée du Mustang à l'Annapurna par le col du Saribung (6000 mètres).
Extraits de mon carnet de voyage: